26/09/2005

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If/Si



Si tu peux chercher le son toute ta vie
Et sans dire un mot le travailler et le construire,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être artiste sans être Fou de la cour
Si tu peux jouer fort sans cesser d'être tendre
Et te sentant haï, sans perdre ton humour
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes notes
Travesties par des gueux , déformées par des micros,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouches folles
Sans changer toi-même la sono;

Si tu peux rester digne en jouant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les bois,
Et si tu peux aimer tout tes collègues amers
Sans qu’aucun deux soit tout pour toi ;

Si tu sais répéter, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou amateur;
Jouer, mais sans laisser ton jeu être ton maître,
Souffler sans n'être qu'un souffleur;

Si tu peux être sur sans jamais être en nage,
Si tu peux être grave sans être sur les dents,
Si tu sais être long, si tu sais être large,
Sans être banal ni pétant,

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ta mesure et ton rythme
Quand tous les autres les perdront,

Alors les chefs, l'aigu, le grave et la mémoire
Seront à jamais tes esclaves consentants,
Et, ce qui vaut bien mieux que les cachetons pour aller boire,
Tu seras Corniste, mon enfant.


23:30 Écrit par Claudine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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